Harouna Mouhammed, Directeur des Travaux de la Route nationale 14 : « Le chantier Koudougou-Dédougou n’accuse aucun retard »
Sous la houlette de Harouna Mouhammed, directeur des travaux de la Route nationale 14, la finition du chantier bat son plein. L’ingénieur de génie civil revient sur le modèle de construction de cette route, les exigences du cahier des charges et la méthodologie de travail pour boucler l’ouvrage autour de mi-octobre.
• Quel est l’état d’avancement actuel du chantier la Route nationale 14 (Koudougou-Dédougou) ?
Harouna Mouhammed (H.M.) : A ce jour, le chantier enregistre 89 % de terrassement et 87 % des travaux linéaires de la chaussée. Au regard de ces données, il ne reste qu’une dizaine kilomètres à bitumer pour boucler cet ouvrage. Cette portion ne tient pas compte des couches de chaussée qui ont déjà été mises en place. La réalisation d’une route fait appel à différentes couches : la plate-forme, la couche de fondation et la couche de base. Sur la dizaine de kilomètres restante, les couches de chaussée sont déjà prêtes sur plus de trois (3) kilomètres. Les réceptions sont en cours en vue d’entamer l’enduit superficiel dans les tous prochains jours.
• Quand l’entreprise compte-elle boucler ce chantier ?
H.M.: Le délai contractuel court jusqu’au 30 novembre 2013. Cette date buttoir est largement suffisante pour achever les travaux. C’est dire que nous n’accusons aucun retard dans l’exécution de ce projet routier. Il n’y a ni doute ni d’inquiétude, l’infrastructure sera achever dans les délais. Car selon le planning que nous avons élaboré, celui qui décrit la méthodologie de travail, nous nous donnons mi-octobre pour terminer cet ouvrage.
• Que répondez-vous à certains qui estiment que la réalisation de la voie n’est pas menée comme il se doit ?
H.M.: La construction de la route nationale 14 (Koudougou-Dédougou) se fonde sur le cahier de charges élaboré par le maître d’ouvrage. Elle obéit scrupuleusement les spécifications techniques consignées dans le dossier d’appel d’offres. Dans le cas présent, il s’agit de réaliser une chaussée en enduit superficiel après avoir mis en œuvre les différentes couches. C’est ce qui a été commandé et l’entreprise se tient à cela. Contrairement à ce qui se dit, à tort, les travaux de la route nationale 14 (Koudougou-Dédougou) ne consistent pas à la construction d’une chaussée bitumée avec du béton bitumineux (BB). Le confort qui y est ressenti en circulation est bien celui d’une route en induit superficiel que l’on ne peut pas comparer à celle en béton bitumineux (BB). Pour un tronçon construit en enduit superficiel, on ne parle même pas d’épaisseur. Ce sont des couches de gravions qui sont alternées avec du bitume. Les critiques relèvent donc du domaine du profane en matière des travaux routiers. La construction de la route nationale 14 (Koudougou-Dédougou) respecte toutes les normes prescrites aux plans national et international.
• Quelles sont les difficultés majeures auxquelles la réalisation de cette infrastructure a été confrontée ?
H.M.: Dès le lancement des travaux, le chantier s’est heurté à un certain nombre de réalité. Il s’agit essentiellement de la question du prélèvement des matériaux nécessaires aux diverses activités de génie civil sur la route. Les gîtes d’emprunt qui ont été signalés dans le dossier d’appel d’offres se sont révélés interdits d’accès à cause de leur localisation dans la forêt classée. Il a fallu user de moyens supplémentaires pour aller chercher les matériaux ailleurs, parfois à des distances inimaginables. Une fois cette contrainte naturelle surmontée, il faut encore compter avec l’intransigeance des populations riveraines à permettre l’accès aux points d’eau. L’étude de faisabilité avait répertorié des points d’eau tout au long du tronçon où l’entreprise peut s’approvisionner pour réaliser les travaux. Mais dans certaines localités telles Djoro, Doudou et Poun, nous nous sommes vus refusés le prélèvement de l’eau par la population. Malgré l’intervention des élus locaux et de la direction générale des routes, elles ont maintenues leur position. Lorsque les travaux étaient au niveau de ces villages situés aux alentours du Poste kilométrique (PK) 11, nous avons été contraints de nous rendre jusqu’au fleuve Mouhoun au PK 51, sur une distance de quarante (40) kilomètres pour prélever. Etant donné que la proximité des matériaux a un impact réel sur l’avancée des travaux, ce sont autant de difficultés que l’entreprise a pu surmonter grâce à sa capacité matérielle indéniable.
• Etes-vous satisfait des travaux réalisés ?
H.M.: Cela va de soi ! Lorsqu’on circule sur la voie, on s’aperçoit de tout le sérieux qui a été mis pour la conduite de cet ambitieux chantier. La qualité des travaux n’est plus à démontrer. Nous sommes totalement satisfaits de ce que nous avons pu réaliser dans le cadre du désenclavement de cette partie du pays. Nous nous évertuons aussi à apporter les corrections pour que le travail abattu soit le plus parfait possible.
• Qu’en est-il du volet environnemental dont des voix s’élèvent pour dire qu’il n’est pas trop pris en compte ?
H.M.: Une étude d’impact environnemental a été réalisée avant le démarrage des travaux. Il faut se rendre à l’évidence qu’une telle réalisation ne peut se faire sans abattage d’arbres. Voilà pourquoi, le concepteur de l’ouvrage a prévu de replanter des arbres. Dans le cadre de l’exécution de ce projet routier, ce sont 1 620 arbres qui ont été déracinés. Notre souci de préserver l’environnement peut être constaté sur tout le parcours. Cinq mille (5 000) arbres vont être replantés entre Koudougou et Koudougou. Un prestataire a été déjà sélectionné dans ce sens. Les plants sont disponibles et mis en forme. D’ici à deux (2) semaines, les usagers constateront le reboisement du tronçon.
Propos recueillis par JE
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